Les gens d’affaires, des acteurs essentiels du développement
«Mais il faut leur donner des conditions favorables» - Bruno-Serge Savard

M. Bruno-Serge Boucher, vice-président aux communications du Réseau de la Fédération des chambres de commerce du Québec.
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Jean Lacaille
Journal La Gatineau
MANIWAKI - La petite et moyenne entreprise a un rôle déterminant à jouer pour maintenir l’économie à son plus haut niveau. Le filet de sécurité sociale maintient la consommation mais l’aide gouvernementale a laissé les finances publiques dans un piteux état.
Le constat est révélateur de l’état vascillant de l’économie québécoise. La collectivité pourra s’en sortir si elle met un terme à son isolement. C’est l’analyse que fait de l’économie M. Bruno-Serge Boucher, vice-président aux communications du Réseau de la Fédération des chambres de commerce du Québec, qui était l’invité de la Chambre de commerce et d’industrie de Maniwaki qui dévoilait les nominés du Gala de la PME 2010 par un 5 à 7 le mardi 2 mars dernier au Château Logue.
«Nous sommes la dernière économie de l’Amérique du Nord et l’avant-dernière des pays industrialiés. Il n’est pas trop tard mais il faut accélérer le processus de récupération. Les défis sont nombreux et il faut d’abord s’attarder aux plus pressants.»
Le discours de M. Boucher a été bref. Il s’est arrêté sur les défis les plus criants : la prospérité et la croisssance des entreprises, la formation et les pénuries de main-d’oeuvre, l’internationalisation des marchés, le développement durable et les finances publiques.
La prospérité et la croissance des entreprises
La crise a été mieux digérée par l’aide gouvernementale qui équivalait à 27 % du produit intérieur brut (PIB). Mais cette injection a laissé les finances publiques dans un état critique par l’augmentation de la dette et le retour au déficit. «Les entreprises doivent prendre la relève. Mais encore faut-il des conditions favorables.»
M. Boucher a jeté un coup d’oeil à l’entrepreneuriat. Il y a deux fois moins de propriétaires d’entreprises au Québec qu’au Canada. Elles sont aussi plus petites. Avec la population qui vieillit, les ventes aux étrangers et les fermetures se multiplient. En 2009, au Québec, l’intention d’entreprendre a augmenté de 10 % comparativement à 88 % au Canada.
«Les gens d’affaires ont une responsabilité là-dedans. On ne transmet pas la culture de l’entrepreneuriat. Il n’y a même plus de cours d’économie dans les écoles. Il faut se donner les outils pour avoir les moyens de renverser la vapeur.»
La formation et les pénuries de main-d’oeuvre
Il faut tenir compte du vieillissement de la population et prévoir qu’au moins 700 000 postes seront à combler d’ici 5 ans. Il faut accorder beaucoup d’attention à la persévérance scolaire. Les jeunes sont mal formés. Ils quittent l’école et les universités manquent de financement.
L’internationalisation des marchés
Il faut tenir compte, dans le rétablissement de l’économie québécoise, de la compétition des pays émergeants, du nouvel Accord Canada-Europe et des corridors de commerce Canada-États-Unis. «La compétition se joue sur l’échiquier mondial. Le bois est un exemple flagrant qui nous ramène à une meilleure compréhension des enjeux et à l’urgence de réagir pour préparer l’avenir.»
Le développement durable
L’environnement, la trame sociale et l’économie sont les trois piliers de la reprise économique. Selon M. Boucher, il faut intégrer les pratiques de développement durable sans nuire à la profitabilité des entreprises.
Les finances publiques
Avant de faire quoi que ce soit, il faut prendre connaissance de l’état de la dette et du déficit en vue de bien s’armer pour la compétition internationale. «À mon avis, il est nécessaire de diminuer les coûts de l’État et d’en améliorer la productivité. Les Québécois veulent des services. Encore faut-il s’assurer de notre capacité de payer. Le gouvernement est un allié de taille. Et on ne peut tout faire seul.»
La Fédération
Les chambres de commerce du Québec sont des acteurs nécessaires au rétablissement de l’économie. Avec une batterie de pas moins de 154 chambres de commerce, de 100 000 gens d’affaires, de 40 000 entreprises et de 1 200 membres corporatifs, la Fédération des Chambres de commerce du Québec (FCCQ) peut jouer un rôle déterminant dans la reprise économique.
«Il n’y a pas de toute, le rétablissment de l’économie passe également par les régions. Il faut également promouvoir la liberté d’entreprendre, qui s’inspire de l’initiative et de la créativité, afin de contribuer à la richesse collective des communautés locales et du Québec. Il faut agir pour la prospérité du Québec avec une approche nouvelle qui allie la croissance économique, le développement durable et la responsabilité sociale.»
M. Boucher est convaincu du fait qu’il faut renforcer le réseau des chambres de commerce afin de mieux défendre les intérêts de ses 40 000 membres à travers le Québec. «Il faut cultiver l’entrepreneuriat québécois afin que les entreprises innovent et améliorent leur productivité pour réaliser une croissance soutenue, dans le but de créer plus de richesse pour la génération actuelle et celles à venir».